Enfin! Le droit de vote des Camerounais de la diaspora
Chers compatriotes,
ENFIN, nous voici Camerounais de l’étranger avec notre droit inaliénable de vote. Nous l'avons revendiqué, l’avons souhaité et aujourd’hui nous l'avons.
Il s'agit bel et bien et tout simplement d'un rétablissement partiel d'un équilibre des droits entre les Camerounais de l’extérieur et nos compatriotes au pays.
Les interrogations ne manquent pas sur cette promulgation tardive de cette loi. Comme nos compatriotes d’Asie, d’Armorique, d’Europe, d’Afrique et d’Océanie, beaucoup de questions trottent dans nos esprits. En ce qui nous concerne nous les Camerounais de Côte d'Ivoire et des autres pays d’Afrique de l'ouest , c'est depuis le 05 mai 2005 que nous avons officialisé notre demande et depuis, nous n'avons de cesse attiré l'attention du Président de la République Paul Biya et de la communauté internationale sur la nécessité de permettre aux Camerounais de l’étranger de prendre part sans exclusive aux élections présidentielles devant se tenir dans notre pays. Voir les courriers que nous avons rédigés à cet effet sur le blog d'Ecam-ci.
La première question qui nous vient à l'esprit est : pourquoi une telle promulgation à trois mois du scrutin pour les présidentielles?
La deuxième question : pourquoi le vote ne se limite que pour les présidentielles et le referendum?
La troisième et dernière : quelle attitude nous Camerounais de l’extérieur devons observer?
Nous allons tenter de répondre à ces interrogations que bien de personnes s'en sont essayées et dont bien d’autres s'en posent encore.
Mieux vaut tard que jamais dirait l'autre, mais sauf qu'ici, il s'agit d’une question qui concerne près de cinq millions de citoyens, soit le quart de la population de notre pays. Il ne s'agit donc pas d'une banale question sans incidence majeure à tout point de vue. Une telle démarche n'est pas fortuite et ne saurait donner ni quiétude, ni sérénité pour l'organisation des élections et l'avenir de notre pays. Nous, Camerounais de Côte d'Ivoire sommes assez avertis par rapport aux manœuvres subtiles de nos dirigeants au long cours comme les appelle Mme Clinton, à créer des situations qui engendreront des reports successifs des scrutins .C'est une trouvaille qu'il ne faudrait pas négliger, car elle a permis à certains de demeurer au pouvoir bien des années sans élections, en passant de concertation en concertation. Il faut noter qu'au Cameroun la phase de concertation n'a jamais débuté. Et il faudra quand même qu'elle ait lieu un jour si nous voulons un Cameroun uni pour nos enfants et petits enfants.
Dans cette logique, les consultations populaires pourront donc être sollicitées. Ce qui participerait à la pratique de la démocratie. Les acteurs politiques qui se dresseront contre de telles initiatives seront considérés comme antidémocratiques et n'auront d’autre alternative que de suivre la programmation bien pensée du RDPC. Et comme toute œuvre humaine est faite de difficultés, on passera ainsi au moins sept ans à les surmonter et PAUL BIYA AURA FAIT AU MOINS UN AUTRE MANDAT. Ce n'est pas ce qu'on n'a pas vu ailleurs. Les Camerounais de l’étranger seront invités à prendre part au referendum pour leur premier vote et non directement aux présidentielles comme ils espéraient. C'est un secret de polichinelle, la diaspora dans sa grande majorité ne porte pas Paul Biya dans son cœur et le Président le sait. Comment pouvons-nous croire que ce dernier puisse alors créer un électorat qui pourrait lui desservir?
Lorsqu'on connait les acrobaties et la maitrise de l'art de la diversion des présidents au long cours, le rêve de voir un Cameroun relooké n'est pas pour maintenant.
D'un autre côté pour les moins pessimistes comme moi, il est possible que l’actuel Président se retire de la scène du pouvoir comme son prédécesseur l'a fait pour le bonheur et l’intérêt supérieur de son peuple, au point d’être adulé sur la scène internationale.
En tout état de cause, à l'instar de tous nos Compatriotes de l’extérieur, notre solidarité sans émotion et pour l'amour que nous portons pour notre nation doit être la seule, l'unique attitude de notre démarche face à cet enjeu majeur qui nous engage pour les décennies futures.
Jean Genestar PRISO
Président sortant ECAM-CI